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CHANSONS                                                                                                                    

La chanson est, dit-on, un art mineur. Elle reste cependant un moyen incomparable pour évoquer en quelques minutes une atmosphère ou raconter une histoire. Tantôt la musique prime (au point de réduire les paroles à des “cha-ba-da” ou autres “scoubidous”); tantôt elle est au service d’un texte.

Entre la chanson douce – qui évoque plus qu’elle ne raconte – et la chanson “à message”, parfois ennuyeuse parce qu’elle veut absolument vous dire quelque chose – il existe un large espace d’expression.

Le tour de chant, quant à lui, célèbre publiquement des interprètes confirmés. C'est un exercice narcissique au cours duquel Narcisse demande qu’on s’identifie à lui… pour un soir. L’auteur, qui écrit des chansons depuis une dizaine d'années choisit habituellement de ne pas se mettre en scène. Il espère ainsi éviter la ringardise. Accompagné le plus souvent par un petit piano soutenant des mélodies simples, il évoque des situations de rupture affective et traite des petits désordres de l'âme.

Toutes ces chansons sont "musiquées" et certaines d'entre elles sont accessibles ici – cliquer sur la barre d'accès, sous les photos.

LaughingP.S. Ces chansons, très personnelles, peuvent être chantées avec l'autorisation de leur auteur, <lortat.jacob@free.fr>

LaughingLaughing  En 2012 et 2014, deux disques ont été réalisés avec "La menina Allargata". AMOUR AMER et PORTRAITS DE FEMMES  




       

 Sélection du CD Amour Amer, 2012

 Lire la suite...Laughing Disques disponibles, à demander gentiment à l'auteur :

un pantalon

L'autobus

L'encrier

sensitive

A la manioère d'Apollinaire

j'ai rien à me mettre

L'auberge espagnole

 

 IL Y A DES GENS

Il y a des gens – j’en connais –

        qui disent que ça pue avant qu’on pète

       


 

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En ligne, extraits des deux CD

Sélection du CD Portraits de femmes, 2014

Accompagné par La Menina allargata : Filippo Bonini Baraldi (viol.), Jérôme Soulas (acc.), Maxime Oudry (ctrb.), Florent Manneveau (sax), Clément Robin (guit.), autres collaborateurs : Phil Jobet (guit.), Daniel Duchowney (perc.)

Poupées Barbie Une fille ça brille

Catherine de Sienne Chez l'ambassadeur

L'effet de serre Elle garde sur elle La femme moche

 

 

Autres chansons :

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

TU AS LAISSE TON ECLAT 

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dans les vestiaires du temps   
t'es plus pareille, t'es plus la même qu'avant  

Et tu deviens un lieu commun,
un de ceux qu'on visite,                  
et qui vous disent rien

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Elle garde sur elle

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Elle garde sur elle            
la trace à peine humide             
de sa toilette du matin

Quelques gouttes de gel            
sur ses cheveux châtain 
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CAC 40 : [6 mai 2007]

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Conjoncture con-
tre toute attente :
Des prévisions
réconfortantes
boostent la bourse
et la croissance

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Les amours passées

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Pommes de reinette et cacao
Coeur de nymphette et corps d'ado,
sortie de messe le dimanche
avant la fête en robe blanche
à bicyclette et pédalo
    Seules les amours passées
    sont des amours possibles...

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L'encrier

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Vous ne vouliez pas
que ça se sache,
vous m'écriviez
    que l'amour doit pas
    laisser de traces
    et vous disiez :

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La piscine

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Je bronze mes didines    
à l'heure du déjeuner,
toute seule à la piscine
du quartier

je bronze devant, je bronze derrière
tout en me demandant… à quoi ça sert

 

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Un pantalon breton

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Un pantalon tenu par des bretelles.
Un restaurant tenu par des bretons

A Saint Malo, , y’a plus de capitaines
Les Kabiks ont perdu leurs capuchons

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Comme un agent immobilier

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Comme un agent immobilier,                
comme un courtier de la finance,            
elle offre aux autre ce qu'elle n'a pas :
c'est une experte en sous-traitance

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A l'Anglaise

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Depuis que tu filas        
à l'anglaise            
pour étudier            
dans un  collège        
oversea

 

j'occupe mes nuits à
t'attendre

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lasciatemi soffrire

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Version 2011 : BLJ+Filippo, Florent, Maxime, Jérôme

Mes aventures sentimentales
finissent toujours dans le fossé
J'ai l'art et la manière de tout rater
Et ma douleur, je la cultive
à longueur d'année...
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Un imaginaire

 

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Un imaginaire
peuplé de cellulaires
et de jeux vidéo

Un Hamburger,
et deux Euros la bière
becqué dans un Macdo,

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Olfactive

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Sensitive, olfactive,          
décisive-ment,             

je ne sais qui vous êtes...
je vous sens          

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Baléares

Pouvoir d’achat cha-cha    
z’ont tout ach’té ché-ché              
la côte et les rochers
le soleil 

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BLJ+Filippo,etc.

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Danser SEULE

Je n'aime pas les couples qui s'enlacent

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Version 2011 : BLJ, Filippo, Florent, Maxime, Jérôme

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le souvenir de Georgia

 

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Les mélodies colportent des petits bouts de soi
ensevelis dans des recoins obscurs :
nos souvenirs, sous des airs d’autrefois
nous parlent de Georgia

 

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Catherine de Sienne
Lire la suite...      [Musique B.L.-J.; arrangement  pour quintette à cordes, par Jean Morlier, 1999]

À treize ans, elle a fait trois pas de ballerine

et conduit les garçons à de premières intrigues

On la voit sautiller Piazza del Campo,

où sa mère l'accompagne tous les jours à la messe

 

 

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l'autobus

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C’est pas grand chose quand on y pense

A peine plus quand on s’égare

Ça vous porte à l’ennui et jusqu’au quai des gares

Ça fait la vie en rose, ça fait la vie en noir

Et dans l’autobus le long du boulevard 

 

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Elle élève son enfant

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Elle élève son enfant qu’elle fait grandir comme son amant

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Azulejos

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B.L.-J, avec Marie Ruggeri [dernière strophe]; arrangem. Eric Page

Tous les azulejos de Carthagène et de Lisbonne,
figurent des combats de généraux et gentilhommes

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Avec Clémence

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    Avec Clémence, on se balance
    pour faire venir le loup

    La pesanteur, moi et ma sœur,
    nous, on s’en fout, on joue

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Le vieux dessinateur

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Elle mangeait encore  
des pots de confiture
que sa grand'mère faisait
dans des bocaux anciens

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J'aime beaucoup

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J’aime beaucoup
ce que vous allez me faire     
j'aime beaucoup...

 

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le puzzle

j’suis un peu seul                          

j’fais mon peuzeul

j’mets mes p’tits bouts

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Baudelaire-fado

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Au clair de la lune, elle paresse
Abandonnée sur de nombreux coussins,
Et d’une main distraite, elle caresse
Avant de s’endormir le contour de ses seins

 

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Croisant les bras

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Croisant les bras sur sa poitrine,        
elle cache ses seins qu’elle trouve un peu gros...

 

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L'auberge espagnole

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L’auberge était tenue
par un prêtre espagnol
qui  nous recommanda
de ne pas salir les draps

En tant qu’homme d’Eglise,
il savait tout des femmes...

 

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à déshabiller

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Qu’on le veuille ou non,    
y’a toujours kekchose
à déshabiller

Attache, agrafe       
qu’on cherche à décrocher

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Femmes des magazines

 

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Femmes des magazines !
Mannequins somptueux
à l'allure divine  !

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Ada a un rat (comptine)

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Ada a un rat, c'est le rat d'Ada,

 

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Un air de Brahms

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Un air de Brahms ou de Schubert
une cantilène de Tchaikovsky,

ça fait pleurer, mais ça suggère
qu'il n'y a pas d'amour sans nostalgie

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coup d'oeil sur ma garde-robe

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           Coup d’œil sur ma garde-robe, le matin
           Comme d’habitude, j'y trouve rien.
 

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...de vous plaindre

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Version 2011 : BLJ+Filippo, Florent, Maxime, Jérôme

             Vous ne cessez de vous plaindre, et n’arrêtez pas de geindre

             Ne restez pas à genoux : Votre douleur, je m’en fous

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Je t'aimais trop, boulot-dodo

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version 2011 : BLJ +Filippo, Florent, Maxime, Jéröme

Je t'aimais trop, Boulot-Dodo
la vie peinard, la carte hebdo
c'est monotone au point...

 

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Diaporama

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ça y est !                              
je fais  partie de ton Diaporama !  

mais j'ai froid, comme ça        
sous les ultra-violets          
de ta lanterne magique
Diaporama,c'est là qu'on s'ex-        
            plique tout bas       

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Mes problèmes

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Mon grand plaisir,c’est de me créer des problèmes ;
S’’il y en a pas, vous en faites pas, j’en trouve quand même

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j'ai castré mon chien (tango)

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Ce matin, j'ai castré mon chien;
il y a trois jours, mon poisson rouge,
avant-hier, mon chat de gouttière :
c'était son tour

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Posséder quoi au juste ?

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Posséder par instinct

Posséder sans raison

Posséder quoi au juste ?

 

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une main noire

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Une main noire,

posée sur une peau blanche,

Un ventre lisse accroché par des doigts

 

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Le maréchal Ney

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[sur une ballade roumaine]

exécuté en compagnie, avec "La menina allargata", Album CD 2014, plage 4

le Maréchal Ney, le Maaréchal d’Empire,
n’a dans la tête qu’une idée :
TUER, OCCIRE !

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Le lit

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Un lit gigogne    
une libido
pour deux personnes 

    Un lit-cage        
    qui départage    
    les enfants sages 

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Le jardin

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Les vieux couples rangés
cultivent leur jardin
en pansant leurs blessures
au quotidien

Où tout est arrangé
en espaces commodes
les jalousies obscures
meublent les gardes robes


    C'est le temps du jardin
    qu'on soigne pour qu'y pousse
    un peu tout, presque rien
      

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Une angine
        "L'important, c'est pas de mourir... d'une angine"

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         Chanté par Marie Ruggeri, 2003; arrang. Eric Page, 2003 :

 
 

Chanté par BLJ, avec  Mia, Irgoli,  Sardaigne, 2005 

Mia, près de son père chanteur, réfléchit aux mystères de la mise au monde des bébés, à partir d'un bouchon d'évier et de sa chaînette, qui a le rôle d'un cordon ombilical.

Tongue out Fin provisoire de la sélection

 

 


 

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LA CAGE de VERRE. Film en préparation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA CAGE DE VERRE

Projet de film/scénario

 

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L'IDEE GENERALE DU FILM

le scénario est écrit mais non "on line"; disponible sur demande

 
 
Le film parle de désir, de la recherche de l'objet aimé et désiré (en l'occurrence une femme). À ceci près que, contrairement aux films ordinaires, cette femme n'a pas d'existence réelle; elle est fantasmée et, à ce titre, l'objet d'une quête dans la réalité.
Dans la première partie du film, sont explorés le ravissement esthétique et les mécanismes du désir. Mais assez vite, il faut donner un corps et une âme à ce désir et interroger le réel. Telle est du moins, la logique des protagonistes – deux hommes qui n'ont ni le même âge ni la même personnalité. Au cours de leurs discussions animées naît un étrange dessein et un véritable plan d'action : pour contempler l'être désiré en toute jouissance – à la façon d'une œuvre d'art – il n'est d'autre solution que de l'immobiliser... et de le mettre en cage.
D'où l'idée, développée dans la deuxième partie, de concevoir et de construire une cage en verre (en forme de pyramide) pour y faire entrer des statues vivantes. Cette cage aérienne devra être belle et désirable afin que les diverses "candidates" convoquées acceptent de se laisser enfermer, pour quelques minutes, quelques heures, voire quelques jours. Précisons que ce ne sera pas nécessairement des prostituées.
Troisième partie : une fois la cage de verre réalisée, on en viendra au casting des préposées – en chair et en os. Il s'agira de confronter l'image de chacune avec le fantasme qui a précédé sa venue. Recherche d'adéquation, en somme et confrontation entre idéal et réalité. Quant aux candidates elles- mêmes, il faudra les convaincre; elles ne manqueront pas de poser des questions : entrer, ne pas entrer dans la pyramide ? si oui, pour quoi y faire ? qui acceptera ? qui refusera ? quels arguments de part et d'autre ? qui sera l'élue et pour quelles raison ? De nombreux problèmes surgiront qui enrichiront l'intrigue.
In fine, une femme, inattendue, fera son apparition. Elle acceptera la réclusion et s'y révélera – avant d'y mourir transfigurée par une musique dense et aérienne de Robert Schumann qui agira comme un opérateur dramatique central.
 
Cage de verre, désir et claustration
Connaître le ravissement esthétique et fixer l'objet du désir pour égoïstement se l'appréhender. Tel est le double but des deux protagonistes du film – un homme et son complice qui vit dans son ombre. Ils s'attelleront à concevoir et à faire fabriquer une cage de verre – sorte de grande cabine téléphonique confortable mais pyramidale, à la fois prison et lieu d'exhibition; de la monter et de l'aménager amoureusement dans un appartement bourgeois silencieux. Tout cela pour y présenter les candidates à leur désir.
Ces candidates seront passives (ou devraient l'être), soumises à la contemplation et au regard du "désirant". Plusieurs seront sollicitées, refusant souvent d'être ainsi "mises en cage". Ces refus seront argumentés au nom de la pudeur ou du droit moral ou tout simplement de l'incompréhension du projet (un candidat-homme, particulièrement extraverti acceptera, mais ne fera pas l'affaire). Chacune posera des questions et ses conditions. Pourquoi entrer dans une cage ? Pour y faire quoi ? In fine, une au moins acceptera d'entrer à la fois dans le jeu et dans la cage et d'y résider un jour et une nuit. Elle y mourra. Mais durant toute sa réclusion, elle ne sera pas inerte, saura réagir, répondre et deviendra par là-même le troisième acteur – central – du film.
Au départ produit d'un simple fantasme, la cage elle-même – sa conception et sa fabrication dans les ateliers de Saint-Gobain (on verra le verre en fusion) – constituera le dispositif central du scénario. On débattra d'idées afin de réaliser la structure idéale dans laquelle le désir saura prendre corps. Puis il faudra trouver des candidates à la réclusion. Du fantasme à la réalité puis au "rendu" concret, la route est longue. Le temps psychologique a égaleme nt sa place, de sorte que le film aura besoin d'une certaine durée pour avoir toute son efficacité.
Dans son développement, le projet, au départ très onirique, deviendra dessein, puis objet réel, en trois dimensions. Il aura ses acteurs attelés à des tâches que leurs dialogues et leurs actions rendront explicites. Mais le scénario s'animera soudain à travers la confrontation du rêve et de la réalité. Jusqu'où et à quel point un rêve peut-il s'incarner ? à quel prix ? Et comment y parvenir ? telle est l'intrigue. Car pour arriver à ses fins – réaliser une cage de verre pour y enfermer l'être aimé ou désiré – il faudra construire, déconstruire, recommencer, affiner et convaincre, jusqu'à ce que l'objet du désir corresponde à l'attente de celui qui l'aura formulé avec précision et insistance.
 
 
Posséder quoi au juste ?
Parce qu'il traite d'illusions et de réalités, de la prise de conscience de soi et de l'autre, qu'il met en scène des acteurs entretenant des rapports complexes et qu'il propose enfin une réflexion sur les notions de désir et de possession, ce film est d'essence psychologique et de pure fiction.
Mais comme l'a écrit Marcel Proust : "Que possède-t-on au juste" ? Comment avoir la certitude que ce n'est pas soi-même que l’on aime en l’autre ? Comment ne pas se voir comme un "être désirant" et, simultanément, comme un "monstre désirant" , autophage de surcroît. Car, qui est cet "autre" qui vous aspire et qui, en vous possédant, vous dépossède de vous-même ? Ce désir de possession – forme extrême de l'amour – est donc cannibale; mais ce cannibalisme a deux bouches : il dévore l'autre, autant qu'il vous dévore. Il est donc marqué du sceau de la détresse. Le film est donc dramatique, mais il n'exclut ni l'humour ni l'autodérision : nos deux protagonistes – sans doute aristocrates déchus – ont de l'élégance.
Ce désir est-il pour autant pervers ? sans doute : nos deux hommes – et surtout l'un d'entre eux – considèrent que le désir se dissout irrémédiablement dans le passage à l'acte. Car donner un corps à son désir c'est se mettre en situation d'en perdre le désir. Désirs et fantasmes se dissolvent l'un et l'autre dans leur incarnation. Comme le dira un personnage du film : "la caresse n’est pas une annonce de l’amour, elle en enclenche la fin" .
Précision : si le film repose sur des mécanismes érotiques exacerbés, son optique est délibérément anti-pornographique (quoique non puritaine). Aucun attouchement, et pas même un baiser. Pas de pose érotique, plutôt une atmosphère à la Vermeer avec quelques ébauches de nudité partielles et parcimonieuses.
 
 

Les personnages principaux : deux hommes [HUGO et JAMES]

Le casting sera très attentif à la qualité de la voix. Les dialogues sont en effet nombreux. Des acteurs, on attend qu'ils maîtrisent parfaitement les silences et les sous-entendus. Les hommes, très liés, se vouvoient.
 
HUGO
Un homme informé sur les choses de la vie – type Don Diego des Noces de Figaro. Vieux séducteur sensiblement blasé, désabusé et sarcastique, misanthrope et décadent, il a un caractère secret très prononcé. C'est HUGO.
Il dirige l'action, expose son fantasme majeur que, pour des raisons tenues plus ou moins secrètes, il n'est pas à même d'assumer; il a besoin d'un double actif qui suivra ses dires, ses désirs.... et ses ordres.
Hugo est initiateur, mais comme malgré lui (cela doit se traduire par sa personnalité d’acteur) ; doté d'une autorité naturelle, il n’est ni arrogant ni professoral. Il est lent et réfléchi, propose des actions et impose ses rêves. Mais il est aussi fragile et son pathétisme tient au fait qu'il semble un peu malade (il ne le dit pas, mais cela doit se sentir. Peut-être malade seulement d'avoir beaucoup vécu. D'âge mûr – 50-60 ans –, il se déplace lentement et maladroitement, sans canne toutefois). Sa voix est grave. Il est riche, à l'abri en tout cas de tout besoin, hors ses fantasmes de luxe. Il est amateur d'art et collectionneur.
Hugo est dans un rapport quasi amoureux avec James, mais cela reste très discret, tenu à distance par un espèce de pacte tacite. Rien de scabreux dans ce film.
L'acteur-type correspondant à Hugo est Michaël Lonsdale, lorsqu'il avait une cinquantaine d'années.
 
 
JAMES
James, appelé "jeune ami" – est l'émule de Hugo. Il est beau gosse, beaucoup plus jeune, vif et toujours réactif (c'est un sportif), blond, franc, sain, extraverti et pourrait-on dire, sans grande ambiguïté. Ouvert au rêve pourtant, il pose surtout des questions à son "maître", avant de devenir la cheville ouvrière de son fantasme. Il pourrait avoir un léger accent étranger, un peu chantant. Au début du film, James parle de lui... puis passe au second plan dès lors qu'il se met clairement au service de Hugo qui prétend l'éclairer sur ce qu'il cherche.
James nourrit une grande affection pour Hugo, sans que cela se dise ni se sache, bien entendu. Il n'est pas tout à fait son esclave, mais vit dans sa dépendance et son sillage; il veut savoir, c’est tout, et de Hugo tout particulièrement. Or en tant qu'initiateur, Hugo a beaucoup à lui apprendre.
Même s'il est infiniment plus réaliste que Hugo, James est doté d'un certain don pour l'émerveillement. Rien n'est acquis d'avance. Il est en quête de savoir et prêt à toute forme d'expérience. C'est à ce titre qu'il épouse, tout en regimbant, les fantasmes de son maître. Au fond, il espère être aimé de lui en se mettant à son écoute et à son service, un peu comme pour un fils son père.
À l'intérieur du récit, James a trois fonctions : rappeler des questions de bon sens et de morale publique (par exemple, sur la notion de séquestre), servir de faire-valoir à Hugo, qui le domine très évidemment; servir l'action : presque malgré lui, il se charge de rendre réels les fantasmes de Hugo.
Mais au-delà, deux ordres de rapports au désir s’opposent : l'un indirect, très maîtrisé; l'autre direct (l’amour charnel simple, la tendresse non problématique, une forme d’amour qui ne pose pas de question; un certain courage aussi). Cela apparaît surtout dans le jeu des acteurs, par certains gestes, regards et tons de voix.
Acteur-type Laurent Stocker.
 
 

Une femme : FEN

Le troisième personnage [apparaissant à la fin du film], est FEN, une femme âgée de 30-35 ans ayant derrière elle une histoire. Fragile, elle est cependant sûre d'elle et de la façon de conduire son destin.
Elle est la candidate idéale à la réclusion, car elle est dans une situation judiciaire délicate (assignée à résidence, elle attend son procès en assise), prête à assumer son enfermement... et sa mort plus ou moins programmée, à la façon d'une rédemption.
Elle a des yeux noirs (ou très foncés) est habillée d'une robe noire et lorsqu'elle sera "musiquée" par Hugo, se disposant dans la cage de verre, ce sera pour y mourir..
Elle a une voix grave et un grand contrôle d'elle-même
Actrice-type
Jeanne Moreau (bien évidemment !), lorsqu'elle avait 30 ans .
 

 

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